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Le 7 juillet dernier, Benoît XVI a publié un Motu Proprio autorisant l’usage généralisé du missel de saint Pie V (la « messe tridentine ») Cette nouvelle a été annoncée dans plusieurs médias d’une manière qui peut prêter à confusion. Je voudrais tenter de tirer les choses au clair.
On peut lire dans tous les médias que le Motu Proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI autorise la messe en latin. Avec obstination, on continue à utiliser cette expression ambiguë au lieu de parler de « messe tridentine » ou de « messe de saint Pie V », ou encore du missel antérieur à la réforme liturgique. On ajoute encore parfois que l’emploi du latin pendant la messe a été interdit par le Concile, ce qui est tout aussi faux. Ce que Vatican II a fait, c’est remplacer la messe tridentine, utilisée pendant des siècles dans l'Église catholique, par le rituel de la messe actuellement en vigueur. Ce faisant, il a aussi autorisé l’emploi des langues vernaculaires. Mais les missels officiels sont encore aujourd’hui publiés en latin et il n’est pas interdit de célébrer dans cette langue, bien au contraire. Le pape a même encouragé l’emploi du latin pendant la messe dans son document sur l’eucharistie, Sacramentum caritatis, publié plus tôt cette année. Quoi qu’il en soit, le Motu Proprio ne porte pas sur l’usage de la langue latine, mais bien sur une autorisation généralisée de l’emploi de l’ancien rituel de la messe – de saint Pie V – dans l’édition de 1962 publiée sous le pontificat du bienheureux Jean XXIII. Le motif principal de cette décision est expliqué par Benoît XVI dans une lettre accompagnant le Motu proprio et adressée aux évêques : il s’agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Église. Il veut que les fidèles attachés au rituel de Pie V puissent avoir la possibilité d’utiliser celui-ci en toute tranquillité, sans se sentir pour autant exclus de la communauté ecclésiale. De cette manière, les croyants qui assistent aux offices célébrés par les disciples de Mgr Lefebvre pourront participer tout simplement aux célébrations eucharistiques dans leur paroisse, avec un prêtre uni à la communauté ecclésiale. Jean-Paul II avait déjà donné une autorisation limitée en 1984, étendue par un Motu Proprio en 1988, en vue de satisfaire à ces souhaits légitimes. Dans la même ligne progressive, le pape actuel a élargi encore davantage cette possibilité. Ce faisant, Benoît XVI souligne qu'il « n’est pas convenable de parler de ces deux versions du Missel Romain comme s’il s’agissait de ‘deux Rites’. Il s’agit plutôt d’un double usage de l’unique et même Rite. » La liturgie de la messe n’est donc pas une réalité que l’on peut changer arbitrairement, mais une expression de la foi de l’Église. Par conséquent, l’autorisation d’utiliser l’ancien rite n’a rien d’une concession faite aux lefebvristes. Les fidèles qui souhaitent utiliser ce rituel doivent être en communion avec le pape et les évêques et manifester leur respect et leur estime pour le Concile Vatican II, et donc également pour le nouveau missel publié par Paul VI en 1970. Dans la lettre d’accompagnement adressée aux évêques, le pape déclare qu’il ne faut pas craindre une remise en question de la réforme liturgique opérée par le Concile, ni des désordres, voire des fractures dans les communautés paroissiales en raison de cette autorisation. En fin de compte, l'ancien rite sera très peu utilisé, étant donné que la majorité des fidèles n’y est plus familiarisée et ne maîtrise pas le latin. Le pape souligne en tout cas que le nouveau missel restera certainement la forme ordinaire du rite romain, tandis que l’ancien doit être considéré comme une forme extraordinaire. Si Benoît XVI ne le dit pas de façon explicite, il est clair que la façon arbitraire dont certains croyants célèbrent la Messe, avec des textes rédigés par eux-mêmes et des gestes qui non seulement n'expriment pas le mystère de l’eucharistie, mais parfois l’annihilent, cause un grave tort à la communauté ecclésiale. |